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Technique,

L'Apple III
au banc d'essai (1982) :

- Article, très complet,  paru dans l'Ordinateur Individuel numéro 36, Avril 1982 -
Auteurs : Alain Pinaud, Bernard Savonet, Jean‑Pierre Brunerie.


Couverture du magazine.


La première page de l'article.


G
lobalement, l'Apple 3 présente les différences suivantes avec son prédécesseur : un adressage allant jusqu'à 256 K octets de mémoire vive au lieu de 64 K ; une meilleure définition graphique (560 X 192 points) ; 24 lignes de 80 caractères au lieu de 24 X 40 ; une mini disquette 140 K intégrée. De plus il possède un mode de simulation lui permettant d'exécuter les programmes de l'Apple 2, avec quelques exceptions toutefois.

L'aspect de l'Apple 3 confirme sa destination professionnelle : un solide socle en fonte d'aluminium, faisant office de radiateur thermique, est habillé de deux coquilles de plastique dur, l'une entourant le clavier et l'autre le bloc ordinateur minidisquette. Seule une trappe caractéristique à l'avant‑droit trahit la présence de ce dernier périphérique, par ailleurs parfaitement intégré à l'ensemble.

A l'arrière de l'appareil, le socle en fonte est moulé en forme d'ailettes, jouant ainsi le rôle de dissipateur de chaleur. Quatre fentes béantes sont destinées à recevoir des éléments optionnels, qui pourront être enfichés dans un « fond de panier » situé à l'intérieur du système (l'Apple 2 en possédait huit mais certains étaient occupés par des cartes réservées au branchement à un téléviseur couleur, au contrôleur de disque, à l'imprimante...).

Toujours à l'arrière et dans la partie inférieure, nous trouvons à partir de la droite : l'interrupteur d'alimentation et l'embase recevant le cordon secteur ; le connecteur d'interface série RS232 ; une prise femelle permettant la liaison avec un amplificateur audio ; deux embases destinées au raccordement avec l'écran, l'une est une prise de type « vidéo » pour relier le moniteur noir et blanc standard livré avec le système, l'autre un connecteur 15 points pour une liaison couleur type RVB, (rouge, verte, bleu) qui, moyennant achat de l'accessoire RVB III optionnel se raccorde à notre prise Péritel...

Viennent ensuite deux connecteurs 9 points appelés "ports" A et B, destinés à recevoir des manettes de jeu (vous voyez, il ne faut pas désespérer !) et une prise 26 points permettant de relier des mini disquettes additionnelles (jusqu'à 4 sur un même contrôleur). Une imprimante « Silentype » peut aussi être raccordée sur le port A, à la place d'une poignée (ce n'est plus du jeu !)

Le moniteur vidéo noir et blanc, ou plutôt noir et vert, a été conçu pour être adapté à l'esthétique générale du système. De couleurs et de dimensions assorties, il se pose sur le châssis ordinateur dont il prolonge la forme vers le haut. En pratique, il se trouve ainsi juste à la hauteur voulue. Deux commandes sont accessibles à l'avant : marche/arrêt et réglage de contraste. Un voyant rouge indique si l'appareil est sous tension. A l'arrière, trois potentiomètres fournissent des réglages additionnels. A côté du cordon secteur, une embase vidéo permet, à l'aide du cordon approprié, de relier l'écran à l'ordinateur.

Le clavier est formé de deux zones : la zone principale et la zone numérique. Cette dernière est formée des dix symboles numériques, du point décimal, du signe "-" et de la touche "ENTER".

La zone principale, quand à elle, est pratiquement le reflet d'un clavier de machine à écrire de bureau, du moins de celles que l'on rencontre outre-atlantique (QWERTY). Elle comporte au total 61 touches. Sept touches grises se distinguent des autres, d'un vert "kaki" : les quatre flèches de direction du curseur, une touche bi-stable de blocage en majuscules (Alpha-lock) et deux touches ayant pour symboles le logotype d'Apple : la pomme. La premier est grise avec un contour blanc et l'autre blanche. Les fonctions programmables varient en fonction du logiciel chargé.

Les quatre touches de directions du curseur  ont une particularité : ce sont des touches à double actions. Un appui normal maintenu sur l'une de ces touches provoque un déplacement du curseur à une vitesse d'environ 8 caractères par seconde, alors qu'un appui plus
important déplace celui‑ci à une vitesse de l'ordre de 20 caractères par seconde.

A gauche de la barre d'espacement, un voyant indique « ON » lorsque l'ordinateur est sous tension. Quant à la commande RESET, terreur des premiers Apple 2, elle est cachée sous le bord supérieur du clavier, à l'abri des doigts « baladeurs » . Elle n'est pas toujours prise en compte suivant le logiciel chargé, mais en pressant simultanément cette touche et la touche CONTROL, il est possible de réinitialiser totalement le système, sauf en ce qui concerne certains logiciels protégés pour lesquels le seul recours est l'interrupteur marche /arrêt.

Ajoutons pour clore la description de ce clavier très complet les touches ESC (escape), TAB (tabulation) et CONTROL, ainsi que la présence d'une petite « verrue » sur les touches D, K et 5 (clavier numérique) : elle est destinée à faciliter le repérage des doigts sur le clavier !

La mise en route du système est très simple : il suffit de basculer les interrupteurs du moniteur vidéo puis de l'ordinateur. Dès cet instant, le voyant rouge de l'unité de disquettes s'allume et, si aucune disquette n'a été introduite le message « RETRY » (recommencer) apparaît sur l'écran en lettres vertes. Le léger bruit que nous imputions tout d'abord à un ventilateur, s'avère en fin de compte, venir de l'alimentation de l'ordinateur (vibrations probables du transformateur de la machine de notre essai, que nous avons beaucoup déplacée sans aucune précaution).

Nous plaçons donc la disquette « Apple Business BASIC » dans l'unité et pressons la touche ENTER. Quelques secondes plus tard, un message s'affiche sur l'écran :

                                                                                               APPLE III
                                                                                       SOS 1.1 Q4‑SEP‑81
                                                                                  (C) 1980, 1981 BY APPLE
                                                                                          COMPUTER INC.

Presque immédiatement suivi d'un effacement et d'un nouveau message :

                                                      Apple Business BASIC 01.1 (C) Apple Computer 1980, 1981.

L'écran s'efface de nouveau, les mots « APPLE III » apparaissent en grosses lettres, à la manière d'une enseigne publicitaire, précédant le listage du catalogue de la disquette. Le signe « ) » suivi d'un pavé graphique (curseur) nous indiquent que le cinéma est terminé, et que « la main » est maintenant revenue au BASIC.

En réalité, la documentation nous explique que plusieurs phénomènes se sont enchaînés sous nos yeux. Tout d'abord, le Système d'Exploitation de Disquettes (1) (SED en français) a été chargé en mémoire. Ici, il s'appelle modestement et en toute simplicité « SOS » ou Sophisticated Operating System (en français SES ou Système d'Exploitation Sophistiqué ?). Ce logiciel appelle ensuite en mémoire l'interpréteur BASIC et, lorsque celui‑ci est actif, il recherche sur la disquette le programme nommé « HELLO ». Le cas échéant, le signe « ) » suivi d'un curseur apparaissent et c'est fini. Dans le cas où le programme « Hello » existe, il est automatiquement exécuté et, dans notre cas, c'est à lui que nous devons « l'enseigne publicitaire » et le listage du catalogue. Selon ce principe, il est donc possible d'exécuter automatiquement une suite d'opérations à la mise sous tension du système.

L'écran contient 24 lignes de 80 caractères. L'image est particulièrement stable et nette, et ne présente aucun défaut de géométrie. II est évident que nous avons affaire à un moniteur vidéo professionnel. Un filtre en soie, plaqué sur l'écran, a pour effet d'augmenter le contraste et de diminuer les reflets parasites. II a aussi un autre avantage : on peut poser le doigt sur l'écran sans laisser de marques... !

Chaque caractère est dessiné dans une matrice de sept lignes de cinq points, plus une ligne inférieure pour les jambages des minuscules (j, p, q).

L'expérience du clavier nous permet d'en apprécier deux avantages indéniables : les touches sont à répétition automatique (« auto‑repeat ») ‑ vitesse triplée si l'on appuie simultanément sur l'une des touches « Apple » ‑ et d'autre part, la frappe est « tamponnée » (typeahead). Cela signifie que si l'on frappe sur les touches alors que cela ne semble pas autorisé, (pendant par exemple qu'une liste se déroule sur l'écran), les caractères sont tout de même pris en compte et sont restitués sur l'écran dès que cela est nécessaire.

Au niveau du BASIC, les possibilités de correction des instructions sont particulièrement réduites: pas de commande EDIT ni d'éditeur d'écran. Il est certes possible malgré tout de déplacer le curseur par les flèches et de corriger une ligne en récrivant acrobatiquement un nouveau texte. A peine mieux que sur l'Apple 2 : pourquoi avoir voulu conserver ce souvenir antique ? Aucune commande ne permet de supprimer ou d'insérer une portion de ligne (sauf en bout de ligne). La documentation conseille d'ailleurs pour les longs programmes l'utilisation de l'éditeur Pascal (ce n'est pas un conseil gratuit), bien que cette solution soit plutôt incommode en phase de mise au point : à quoi sert d'avoir un interpréteur ?

A tout hasard, nous essayons un PRINT FRE. La réponse, bien que claire, n'en est pas moins enigmatique : 61 180 octets sont disponibles. C'est à la fois beaucoup comparativement à d'autres systèmes et peu pour une machine de 128 K octets : il semble donc logique de penser qu'une grande partie de la mémoire est utilisée pour apporter un « confort » supplémentaire dans l'utilisation du système, grâce à de nombreux programmes utilitaires, ceux‑ci prenant une place respectable.

- Conclusions partielles

• Matériel robuste tout en restant esthétique.

• Clavier et écran de bonne qualité ; très bien adaptés aux exigences professionnelles.

Possibilités de correction d'instructions très insuffisantes en BASIC.

• Minidisquette intégrée.
 

          - BASIC puissant mais non standard :

Le BASIC de cette machine est un interpréteur orienté vers les utilisations de gestion appelé Apple Business BASIC, ce qui laisse entendre un logiciel relativement « étoffé ». Bien que cette version s'écarte très souvent du standard Microsoft qui tend à s'imposer de plus en plus dans cette gamme de machines et qui était assez bien suivi par l'Apple 2, les utilisateurs de ce dernier système s'en accoutumeront très aisément (ils ont en tout cas déjà l'habitude de l'éditeur !)

Avec ce BASIC, les noms de variables peuvent atteindre un maximum de 64 caractères significatifs, ce qui est très agréable car permettant d'utiliser des noms de variables très «parlant ».Les caractères minuscules sont acceptés, mais sont en fait interprétés comme des majuscules lorsqu'ils figurent dans les noms de variables. Ainsi "montanttva" et "MontantTVA" désignent en fait la même variable, même si leurs noms sont "différents".

Les mots réservés (mots‑clés) peuvent y être inclus (LETTRE et TABLE sont acceptés), ainsi que le caractère « . » (PRIX. NET par exemple). Tout mot‑clé frappé en minuscules sera automatiquement converti en majuscules.

Par contre, la frappe d'un espace est souvent obligatoire entre un mot‑clé et une variable, un peu à la façon du BASIC 5 de Microsoft : agaçant et parfois surprenant.

De surcroît une telle contrainte aurait pu permettre de faire fonctionner l'interpréteur en analyseur syntaxique (évaluant dès l'entrée de la ligne si la syntaxe est correcte), or il n'en est rien : ce qui est regrettable. Variables et tableaux (variables indicées) peuvent être de quatre formats : chaînes de caractères, entiers, entiers longs et réels.

Les chaînes de caractères peuvent comme d'habitude atteindre une longueur de 255 caractères. Les noms de variables entières courtes (ou normales) sont suivis du caractère «%» et portent sur une échelle de nombres compris entre ‑ 32 768 et 32 767. Les variables entières longues dont le nom est suivi de & admettent à peu près 19 chiffres significatifs (valeurs comprises entre + et 2(63) ce qui est largement suffisant dans la pratique. Quant aux variables réelles (pas de suffixe), elles n'offrent que 6 chiffres significatifs avec une valeur maximum de l'exposant de 38, ce qui semble exclure leur utilisation pour nombre d'applications à caractère scientifique (cette précision est très insuffisante : même l'Applesoft de l'Apple 2 possède 9 chiffres significatifs).

Certains noms de variables sont réservés au système, comme par exemple INDENT qui contient une valeur (modifiable) permettant de décaler le contenu des boucles FOR/NEXT lors d'une liste améliorant ainsi notablement la lisibilité des programmes : astucieux et esthétique.

Nous trouvons également OUTREC (nombre de caractères par ligne sur l'imprimante), VPOS et HPOS (position verticale et horizontale du curseur), ERRLIN et ERR (numéros de ligne et d'erreur exploités par l'instruction ON ERR).

Passons rapidement sur les commandes classiques LIST (listage complet ou partiel du programme) et DEL (suppression de ligne ou groupe de lignes d'un programme), SAVE et LOAD (écriture/lecture de programmes BASIC). La documentation affirme, qu'il est possible d'arrêter momentanément l'affichage d'une liste par les touches CONTROL 6 ; nous n'avons toutefois pas pu y parvenir sur notre machine. Et déplorons l'absence d'une instruction AUTO (numérotation automatique), et de RENUM.

Parmi les instructions liées à l'affichage, WINDOW permet de déterminer la taille et la « fenêtre » réservée au texte de l'écran. Les zones extérieures à cette fenêtre se trouvent ainsi protégées. HOME exécute un effacement de la fenêtre et un positionnement sur le premier caractère de celle-ci, TEXT donne la totalité de l'écran à la fenêtre.

L'instruction PRINT @ de certains BASIC (impression à une adresse absolue de l'écran) peut s'effectuer en chargeant préalablement le contenu des variables réservées HPOS et VPOS.

La commande PRINT USING est très complète, au point de rappeler un peu le FORMAT du FORTRAN. La zone masque (format) est soit directement incorporée à l'instruction, soit définie par le mot descripteur IMAGE. Un exemple ?

10 PRINT USING 100 ; A$, B%, C

100 IMAGE 6A, 5#, #.6Z4E

Ce n'est pas très clair, mais c'est puissant : il faut savoir ce que l'on veut !

En plus du traditionnel INPUT, nous trouvons GET qui attend la frappe d'un caractère et en retourne la valeur dans une variable, et surtout ON KBD GOTO. Cette dernière instruction dont le fonctionnement est à comparer au ON ERROR GOTO, peut être placée au début du programme : lorsqu'un caractère est frappé au clavier, il y a interruption du programme en cours et le contrôle est automatiquement donné à la ligne BASIC référencée par le GOTO. Cet effet peut être annulé par OFF KBD.

Au nombre des instructions et des fonctions particulières, il convient de noter la présence de SWAP (échange de deux variables), de POP (saut d'un niveau de sous‑programme), de ELSE qui doit toujours être précédé du séparateur « : » dans le cas d'un « IF... THEN... : ELSE... », des conversions de base décimalhexa (HEX$) et hexa‑décimal (TEN), ou de types de variables (CONV&, CONV, CONV$ et CONV%).

Les fonctions de chaînes sont très complètes, puisque nous y trouvons INSTR (extraction d'une sous‑chaîne) et SUB$ (remplacement d'une sous‑chaîne) analogue du MID$ « gauche » du TRS80.

Quant aux fonctions mathématiques, bien que complètes elles devront se contenter d'une précision de 6 chiffres, « précision » dont nous avons déjà signalé l'insuffisance.

L'instruction DEF FN permet à l'utilisateur de définir ses propres fonctions ; elle figure ici sous sa forme la plus habituelle et la plus simple (pas de DEF FN/FN END). Simple également est RESTORE avec lequel on ne peut pointer que la première ligne de DATA. PEEK et POKE quant à eux, sont absents de cette panoplie.

Un programme peut en appeler un autre situé sur disque, à l'aide de la commande CHAIN qui conserve les valeurs des variables chargées en mémoire, ainsi que les ouvertures de fichiers. II est même possible d'exécuter une suite de tâches décrite dans un fichier de commandes, en utilisant la commande EXEC qui se substitue alors au clavier.

En ce qui concerne la communication avec les programmes en langage machine, ce BASIC offre une grande souplesse d'utilisation. INVOKE permet de charger en mémoire une ou plusieurs routines disque dont le nom se termine par « .INV » ; utilisée sans argument, cette instruction libère l'espace mémoire occupé par ces programmes. Un sous‑programme chargé en mémoire par INVOKE peut ensuite être appelé par PERFORM, avec une transmission d'arguments. Ces paramètres sont précédés de % ou de & dans le cas où ils sont entiers courts et longs. Si le nom de variable est précédé du signe, « @ », ce n'est pas la valeur de cette variable qui est transmise, mais son adresse comme avec VARPTR.

Pour appeler des fonctions externes écrites en langage machine, on utilise EXFN, qui retourne une valeur réelle, et EXFN°/, qui rend une valeur entière courte.

Les organes périphériques doivent en fait être considérés comme des fichiers : . CONSOLE, par exemple, est le « nom de fichier » de la console (clavier/écran), .PRINTER celui de l'imprimante, etc. II est possible d'utiliser autant de « conducteurs » (« drivers ») (4) que l'on veut, à condition de les définir dans la configuration système grâce à un programme utilitaire joint. Les fichiers (disquette ou autres périphériques) sont manipulés par les instructions UPEN, INPUT, OUTPUT et CLOSE.

On rencontre les fichiers disquette dans les deux modes d'accès séquentiel et (pseudo) direct. Ils utilisent tous deux les mêmes instructions INPUT et OUTPUT (pas de GET et PUT comme en BASIC Microsoft), et dans le cas du mode direct, il suffit de faire suivre le numéro de fichier d'un numéro d'enregistrement : INPUT# 1, N ;A$.

Toutefois, pour les valeurs numériques, il est préférable d'employer READ et WRITE qui sont plus rapides, fonctionnant sans conversion et sur des fichiers binaires.

Le numéro de l'enregistrement est connu en consultant la variable système REC (LOC de Microsoft). Au moment de l'ouverture du fichier (OPEN), on peut définir si celui‑ci sera ouvert en entrée ou en sortie, par l'emploi des paramètres AS INPUT ou AS OUTPUT. De même, en séquentiel, on peut ajouter des données à la fin d'un fichier existant, en employant le paramètre AS EXTENSION.

La création d'un fichier est nécessaire avant toute opération d'ouverture, elle se fait par la commande CREATE qui permet aussi de spécifier le type du fichier et la longueur de ses enregistrements. Parmi les différents types de fichiers, on rencontre notamment : TEXT (texte), DATA (données), BASIC (programme), CAT, etc.

Le type CAT signifie que le fichier en question est en réalité un CATalogue des fichiers (un sous-catalogue). Ainsi, lorsque le fichier FIC apparaît dans le catalogue de la disquette avec le type CAT, il est possible de demander la liste du sous‑catalogue, FIC. Cette facilité permet de hiérarchiser les programmes de la disquette et, pour cette raison, le nom complet du fichier est parfois très long (128 caractères au maximum). Un exemple : BIG. CHEF / CHEF / ADJOINT / FIC désignera par exemple, un programme (FIC) de niveau hiérarchique (BIG.CHEF est le nom de volume). Pour simplifier la manipulation de tels noms, on dispose heureusement de la possibilité de définir un préfixe en forçant la variable système prévue à cet effet : PREFIX$ = < /BIG.CHEF /CHEF / ADJOINT» II suffira ensuite d'utiliser le simple nom FIC pour manipuler le fichier.

La variable système TYP permet de savoir quel est le type de la prochaine donnée à lire (réelle, entière, chaîne...) et ON EOF précise si la fin du fichier est atteinte.

Ce principe de gestion de fichiers, bien que présentant quelques avantages, a toutefois des points faibles, dont notamment : pas de formatage des zones enregistrements (FIELD absent) et impossibilité de lire par ce moyen des fichiers de types différents de TEXT ou DATA.

A partir du BASIC, on peut exécuter quelques commandes de « maintenance de fichiers » au moyen des directives CAT (liste du catalogue ou du sous‑catalogue), DELETE (suppression d'un fichier de la disquette), RENAME (changement de nom), LOCK et UNLOCK (protection d'un fichier contre l'écriture).

Tout cela est bien beau, direz-vous, mais comment réalise‑t‑on les splendides graphiques de l'Apple 3 ?

C'est très simple, mais aussi très puissant. II suffit d'appeler le SOS... à l'aide !

Le système d'exploitation est en effet muni de différents « pilotes » configurables. Ce sont des programmes destinés à « piloter » les principaux organes périphériques du système : console (clavier/écran alphanumérique), graphique et couleur, imprimante, interface série RS232, interface sonore (haut‑parleur).

Pour communiquer par exemple avec le « pilote » .GRAFIX, il suffit en BASIC, d'employer la séquence d'instructions suivante :

100 OPEN#1, «.GRAFIX» (ouverture du < pilote »)

110 INVOKE «BGRAF.INV» (chargement de la procédure)

120 PERFORM DOTAT (%47, % 139) (ordre)

(illumination du point graphique de coordonnées 47, 1391. Notez le paramètre donné en langage clair pour les anglicistes (DOTAT dot at : point à tel endroit). De même, pour ce « pilote > , nous trouvons tout un éventail d'ordres les plus divers, tels que : choix des couleurs et de la résolution, tracé de points et de lignes, coloriage d'une surface, sauvegarde et chargement d'un fichier sur disquette contenant une‑figure, etc.

II est possible de dessiner en 16 couleurs au maximum (ou teintes de gris sur un moniteur noir et blanc), avec une résolution pouvant atteindre 560 points en largeur sur 192 en hauteur. II faut souligner que l'impression de textes (PRINT) simultanément aux lignes reste possible, même avec une telle résolution. En haute définition, les couleurs sont limitées à deux (noir et blanc) et en 16 couleurs, la définition ne peut dépasser 140 points sur 192 (280 par 192 avec quelques restrictions), ce qui supporte très bien la comparaison.

Deux zones « image » peuvent être définies en mémoire, la commutation de l'une à l'autre permettant des effets d'animation. Ces deux zones occupent à elles deux 32 Koctets, ce qui est beaucoup, mais la place restant disponible est malgré tout « confortable ».

Le « pilote » associé à la console (.CONSOLE) lui non plus, ne manque pas d'intérêt : il est possible de modifier le format de l'écran (24 lignes de 40 ou 80 caractères), et même de changer la forme des caractères affichés. En effet, le générateur de caractères est stocké en mémoire vive, et peut âtre modifié par exemple à partir de fichiers sur disquette : le constructeur livre à titre de démonstration plusieurs polices de caractère. II faut reconnaître que voir un programme BASIC affiché sur un écran d'ordinateur en caractères gothiques possède, par son incongruité même, un certain charme. De même, il est possible d'adopter une répartition différente des touches du clavier, variable selon les pays. Cela signifie qu'il est possible au point de vue tant de l'emplacement des touches que de l'affichage des caractères d'obtenir relativement facilement par exemple un clavier AZERTY accentué.

- Conclusions partielles

• BASIC très complet et très orienté gestion.

• utilisation en calcul scientifique un peu délicate (précision).

• bonnes possibilités d'interaction avec le Système d'Exploitation.
 

          - Un système d'exploitation sophistiqué :

Nous avons déjà vu, depuis le début de cet essai, de nombreuses possibilités du Système d'Exploitation SOS : gestion hiérarchisée des catalogues de fichiers, programmes « pilotes » pour divers périphériques, générateur de caractères programmables, clavier redéfinissable, etc.

L'utilisation systématique de programmes « pilotes » présente l'énorme avantage de prolonger la durée de vie de l'investissement que représente l'achat d'un tel matériel. En effet, lorsque de nouveaux périphériques deviennent disponibles, il est (relativement) facile de les adapter à l'Apple III : il « suffit », une fois la connexion matérielle réalisée, d'ajouter dans le système un programme de « pilotage » du périphérique concerné, programme qui gèrera toutes les particularités du nouveau matériel.

Grâce à sa modularité, SOS est donc effectivement très sophistiqué. Notons toutefois que ceci n'est pas sans contrepartie : dès que l'on s'écarte un peu de configurations matérielles standard, il faut adapter SOS notamment en lui intégrant les « pilotes » adéquats ceci n'est, nous semble‑t‑il, pas du tout à la portée de l'utilisateur visé par l'Apple 3, à savoir un cadre gestionnaire « normal », c'est‑à‑dire peu intéressé par la technique informatique.

La conséquence de cette remarque, c'est que dès que l'utilisateur « moyen » de l'Apple 3 s'écartera des utilisations « moyennes », il aura besoin de l'assistance technique de son vendeur. La qualité du service assuré par le réseau de vente sera donc un point très important pour la satisfaction des utilisateurs, et donc pour le succès de ce matériel.

Notons également que ce SED semble très surdimensionné par rapport à la machine de base : l'intérêt des catalogues hiérarchisés sur une disquette de 140 K nous paraît douteux. Par contre, sur un disque dur... Ceci confirmerait nos informations suivant lesquelles ce système devait initialement (en 1980 !) être livré avec un disque dur intégré. En tout cas, SOS prend toute sa valeur avec le disque dur Profile qu'Apple propose en « complément » de la minidisquette intégrée, et dont nous parlons plus loin. La plupart du logiciel de base fourni avec cette machine semble écrit en Pascal UCSD, ou tout au moins avec le P‑code correspondant : c'est bien sûr le cas du compilateur Pascal et de ses utilitaires associés, mais SOS lui‑même ainsi que l'interpréteur du Business BASIC semblent dans le même cas.

Cette démarche présente deux grands avantages. Le premier, c'est qu'il est possible depuis BASIC ou d'autres langages d'appeler assez facilement des sous-programmes écrit en Pascal ou en P‑code (fonction INVOKE du BASIC). Le deuxième avantage, c'est que l'ensemble du Logiciel de l'Apple 3 se trouve en principe portable sur une autre machine équipée d'un interpréteur de PCode, par exemple les nouveaux systèmes qu'Apple devrait annoncer début juin (bien que ces rumeurs ne soient toujours pas confirmées par Apple). Le constructeur protège ainsi les investissements logiciels effectués non seulement par lui‑même, mais aussi par les sociétés de service indépendantes : une bonne façon d'attirer celles‑ci.

Notons enfin que rien n'empêche en principe une société indépendante d'adapter SOS et un certain nombre de programmes sur des machines concurrentes de l'Apple 3, tout au moins à condition de respecter les lois sur la propriété du logiciel.

 - Conclusions partielles

• Système d'Exploitation très complet.

• Plutôt complexe lorsqu'on s'écarte des sentiers battus.

• Surdimensionné pour la configuration standard.

• De bonnes garanties de préservation des investissements logiciels.
 

            - De nombreux logiciels disponibles :

En standard, quatre disquettes sont fournies en plus du Business BASIC : System Utilities et System Utilities Data, destinées à configurer le système ; Apple II Emulation ; System démonstration.

La disquette Utilities contient des programmes utilitaires permettant de formatter les disquettes et de copier celles qui le permettent, ainsi qu'un « Filer » (programme de gestion et de maintenance des fichiers). Un « configurateur » permet à l'utilisateur d'adapter plus ou moins facilement le système à ses besoins spécifiques.

Avec la disquette Emulation, il est possible de simuler le fonctionnement de l'Apple 2, en « Integer BASIC » ou en « Applesoft » avec quelques limitations toutefois, notamment pour les programmes utilisant certaines cartes enfichables.

Enfin la disquette de démonstration donne un petit aperçu sur les possibilités visuelles de l'Apple 3 (très petit aperçu en réalité).

En complément de ces logiciels standard nous avons également pu utiliser d'autres programmes : VisiCalc, Pascal UCSD, un système de gestion d'adresses et un programme de traitement de textes.

Nous ne nous étendrons pas sur VisiCalc déjà très connu par ailleurs, sinon pour signaler .qu'avec 128K octets de mémoire vive, il reste à l'utilisateur 66K pour son modèle Visicalc soit presque 2 fois plus qu'avec les autres systèmes.

Le Pascal UCSD est assez proche de celui auquel les utilisateurs de l'Apple 2, ou d'autres systèmes, sont habitués (ce qui est « normal », puisqu'il s'agit en principe du « même » Pascal adaptés à différents claviers). La configuration nécessaire pour travailler confortablement doit comporter au moins deux unités de mini‑disquettes, soit une de plus que l'unité intégrée, mais il est possible de s'en sortir acrobatiquement avec la seule unité standard.

Bien entendu, l'utilisation de Pascal est destinée aux sociétés de service indépendantes ou aux informaticiens, plutôt qu'à l'utilisateur « normal », qui préférera, s'il lui arrive de programmer, utiliser le Business Basic (quoique l'éditeur...).

Le système de gestion d'adresses Mailing List Manager nécessite au moins une unité supplémentaire de minidisquettes, le constructeur en conseillant en fait deux. Son utilisation semble assez facile. Parmi les fonctions disponibles, notons la sélection de fiches selon certains critères, leur mise à jour interactive et la fusion de plusieurs fichiers.

Le programme de traitement de textes de notre essai était, tel quel, totalement inadapté à une utilisation française puisque ne comportant pas d'accents ; mais comme nous l'avons signalé plus haut ceci devrait se régler facilement et rapidement. Nous n'avons pas osé nous lancer dans la création du jeu de caractères adéquats, mais cela ne représente pas une tâche insurmontable pour une personne déterminée ; et il n'y aurait plus âlors qu'à coller des pastilles sur les touches du clavier pour avoir, un OWERTY accentué, voire un AZERTY accentué si l'on veut peaufiner. Et puisqu'il nous semble qu'une personne déterminée pourrait le faire, il nous semble également certain que l'importateur va le faire rapidement.

Mais fermons cette importante parenthèse pour en arriver au programme Apple Writer lui‑même.

Son utilisation est relativement facile et le programme est pour un emploi courant assez puissant, quoiqu'au détriment d'une certaine complexité : ceux qui trouvent Wordstar compliqué réviseront leur position en utilisant Apple Writer !

Les possibilités sont cependant très grandes et, après une période d'apprentissage et d'accoutumance, seront particulièrement appréciées : utilisation de macro instructions, génération automatique des notes de bas de page, et même un véritable langage de programmation. Celui‑ci, baptisé WPL (Word Processing Langnage langage de traitement de textes), permet (à qui veut bien se lancer dans ce type de programmation !) de générer par exemple des tables d'index, ou de faire du courrier répétitif personnalisé, etc. Bref, ce programme nous semble à déconseiller dans le cadre d'un secrétariat « normal > , mais très intéressant pour certaines utilisations typiques : écriture d'ouvrages, de documentations, courrier répétitif, etc.

Nous avons également pu disposer pour une durée limitée de l'un des rares exemplaires du disque dur Profile, rares tout au moins au moment de notre essai. Ce disque, d'une capacité de 5 millions de caractères, donne à l'utilisation un « confort » incontestable, on dirait presque que l'Apple 3 a été conçu avec lui... II se connecte par l'intermédiaire d'une carte contrôleur à insére,dans le boîtier de l'Apple 3 et d'un câble, et vient tout naturellement se placer au‑dessus de ce boîtier, sous l'écran vidéo. (Notons que dans ce cas, cet écran est un tout petit peu trop haut pour l'utilisateur). Et il faut bien entendu reconfigurer SOS pour y ajouter le « pilote » du disque.

La capacité de stockage ainsi que les performances ainsi disponibles transfigurent totalement le système. II faut cependant noter un problème qui est loin d'être trivial : les copies de sauvegarde ne peuvent se faire que sur les minidisquettes de 140 Koctets! Si l'on prend un disque dur, c'est notamment pour gérer de gros volumes de données, et certains utilisateurs auront vite des fichiers dépassant 500 K octets. Sauvegarder de tels fichiers demandera de les morceler et de les recopier sur au moins 4 minidisquettes, c'est‑à‑dire beaucoup de temps et de travail. II est à redouter qu'en conséquence certains utilisateurs négligent les sauvegardes systématiques, ce qui peut leur poser un problème en cas de panne.

- Conclusions partielles

• Visicalc : classique mais confortable.

• Pascal UCSD : classique, bien adapté aux programmeurs professionnels.

• Mailing List Manager : bon programme, mais nécessite des unités supplémentaires de minidisquettes.

• Apple Writer : très puissant, mais à n'utiliser que sur des applications particulières et avec les caractères accentués.

• Profile : transfigure le système, mais problèmes de sauvegarde.
 

            - Des entrailles professionnelles :

L'utilisateur voulant placer des cartes optionnelles dans l'Apple 3 n'aura aucune peine pour parvenir à ses fins : deux vis « quart de tour » permettent en effet de retirer très facilement le carter supérieur du système. Les quatre connecteurs 50 points apparaissent alors au fond du logement ainsi découvert, entouré d'une cage de blindage pour limiter les interférences électromagnétiques: Pour en voir davantage, il est nécessaire de tourner l'ensemble de 180 degrés et de retirer les 11 vis du fond. L'ensemble de la carte logique peut ainsi être séparé du reste de, la machine, ce qui nous permet de l'étudier dans d'excellentes conditions.

La carte principale de 24 X 39 cm ne contient pas moins d'une centaine de circuits intégrés. Une seconde carte, d'un format de 23,5 par 12 est enfichée sur la première et supporte la mémoire vive : 32 boîtiers de MEV dynamique 41 16 (16K bits), et 16 boîtiers de 4132 (32 K bits). Ce dernier type de mémoire est formé de deux « puces » 41 16 ; total : 128K octets.

Le microprocesseur (65028) est entouré de différentes sortes de circuits LSI spécialisés, parmi lesquels il est difficile d'affirmer quel est le contrôleur de minidisquettes et quel est contrôleur vidéo... Pas de références connues, de toute évidence. Deux circuits ressemblent à des mémoires mortes, et l'un d'eux porte une référence Microsoft (émulation Apple 2). Un support de 24 pattes reste libre... sans doute pour le circuit d'horloge dont le mauvais fonctionnement a retardé la commercialisation effective du système au point que celui‑ci est maintenant livré sans ce fameux circuit.

En ce qui concerne le 65028, il s'agit d'une version spéciale du classique 6502 (qui équipe l'Apple 2 et les systèmes CBM). Grâce à différentes, astuces de conception, il permet d'accéder à 512K octets de mémoire, au lieu des 64 traditionnels.

- Conclusions partielles

• Matériel professionnel d'excellente qualité.

• Bonne accessibilité pour la maintenance.

• A quand l'horloge ?
 

           - Bonne documentation en anglais :

Le système est livré en standard avec le logiciel SOS, Business Basic et Visicalc. Pour chacun de ces trois ensembles, l'utilisateur reçoit une documentation assez épaisse et les mini disquettes correspondantes, le tout soigneusement emballé dans un joli « carton‑livre ». Lors de notre essai, toute cette documentation était en anglais, mais l'importateur a également pu nous fournir des versions françaises provisoires dactylographiées, dont un certain nombre seront sans doute disponibles dans la présentation définitive plus luxueuse (textes composés, photos, couleurs, etc.) à la parution de ce texte.

Les programmes de gestion d'adresses et de traitement de textes, ainsi que le Pascal‑UCSD, disposent également de cette présentation luxueuse. Notons que pour le Pascal les illustrations de couverture sont des « gravures récursives » montrant une bonne recherche esthétique.

En revanche, les manuels de Pascal tout comme celui du traitement de textes sont non pas composés, mais dactylographiés

ces manuels, de façon fort logique, ont été écrits avec les possibilités de traitement de texte des programmes correspondants. Les autres manuels eux sont composés, et utilisent la couleur pour attirer l'attention sur certains points délicats.

L'ensemble de cette documentation est bien rédigé, agréable à lire. L'ordre de présentation des informations est quelquefois contestable, mais les tables d'index figurant à la fin des manuels comblent une partie de ces lacunes.

Les documentations françaises provisoires dont nous avons pu disposer sont le guide de l'utilisateur, le manuel du programme de gestion d'adresses et celui du disque Profile. Une fois imprimées, elles devraient présenter les mêmes qualités que leurs originaux en anglais, même si parfois quelques traductions sont un peu malheureuses.

- Conclusions partielles

• Excellente documentation en anglais, abondante et bien présentée.

• Traduction française en cours.
 

          - Conclusions :

L'Apple 3, de par son prix et ses performances, doit indéniablement être classé dans la catégorie des machines professionnelles. Pour cela, il faut absolument l'équiper d'une mémoire de masse suffisante telle que le disque dur Profile de 5 millions d'octets, sans laquelle justice peut difficilement lui être rendu. Ce périphérique doublera alors quasiment le prix de la configuration.

Mais quel dommage que suite à une maladie infantile ce splendide système arrive si tard, alors que l'on commence à entendre parler sérieusement, et même à voir, des ordinateurs 16 bits dont les possibilités devraient surpasser largement celles de l'Apple 3. Certes, les investissements logiciels réalisés sur cette machine seront utilisables sur ses prochains successeurs, mais il est dommage de redouter que cette si belle réalisation risque de se périmer rapidement.

Cependant, tant que les nouveaux venus sur ce créneau ne disposeront pas du logiciel permettant d'exploiter à fond leurs puissants processus, l'Apple 3 devrait, à juste titre, connaître de la part des utilisateurs professionnels un accueil très favorable.

        Auteurs : Alain Pinaud, Bernard Savonet, Jean‑Pierre Brunerie.
 

        LE POUR ET LE CONTRE :

Compte, tenu du parti‑pris professionnel de ce système, nous ne présentons pas dans ce numéro de pour et de contre dans le cas d'une utilisation personnelle.

- UTILISATION DANS L'Enseignement

POUR :

• Ensemble robuste.

Excellentes passibilités visuelles.

• Logiciel complet.

• Bibliothèque Apple II en simulation.

• Extensions matérielles faciles.

• Possibilités sonores.

CONTRE :

Documentation complète mais parfois peu pédagogique.

Manque de renseignement techniques.
 

- UTILISATION PROFESSIONNELLE

POUR :

• Système robuste et esthétique.

• Maintenance facile.

• Bonnes possibilités d'extensions.

• Ecran et clavier professionnels.

• Mémoire vive importante.

• Possibilité de disque dur.

• Logiciel complet et de qualité.

• Système facilement configurable.

• Clavier AZERTY accentué disponible prochainement

CONTRE :

• Complexité du système d'exploitation.

• Capacité de mémoire de masse insuffisante en standard.

Prix élevé.
 

     L'Apple III, le point de vue du constructeur :

Notre réponse traitera de quatre points : le matériel, la philosophie du Système d'Exploitation, les logiciels de base (langages et outils), et les logiciels déjà développés en France.

1. Le matériel

La configurabilité du matériel n'est pas mentionnée. Par exemple la prise RS 232 C intégrée en standard permet comme toute prise de ce type de connecter un modem, une imprimante, ou une table traçante.

Par comparaison avec l'Apple 2 qui possède 8 logements pour cartes, l'Apple 3 offre, avec les interfaces intégrées et 4 logements, l'équivalent de l l logements Apple 2.

2. La philosophie du Système d'Exploitation

2.1 Une difficulté, que nous avons éprouvée nous‑mème, est de bien dissocier l'Apple 3 de l'Apple 2. Il s'agit de machines très différentes, et aborder l'Apple 3 avec les lunettes de l'Apple 2 masque une partie de la réalité.

2.2 L'architecture de SOS permet à l'utilisateur de ne pas s'inquiéter du support physique.

Ainsi une ligne téléphonique et le disque dur 5 MO sont identiques pour le programme d'application, il suffit de changer une ligne OPEN­C'est le programme conducteur (driver) particulier qui traite le support matériel de façon invisible,

Les périphériques sont traités comme des fichiers. Autrement dit on peut changer .de périphérique sans même changer une instruction du programme: il suffit de substituer le nom du < conducteur » dans le système.

2.3 .SOS offre à l'utilisateur quatre grandes catégories de fonctions

‑ Gestion de la mémoire : 256 K aujourd'hui, de façon invisible (512 K possibles),

‑ Gestion des évènements : Les interruptions des périphériques et du clavier sont gérées depuis BASIC, permettant par exemple la frappe et l'impression simultanées ou l'orientation du fonctionnement d'un programme.

‑ Gestion des périphériques: Le programme de configuration du système, SCP, permet d'attacher à SOS les " conducteurs" de la configuration et ceux‑là seulement, et de les paramétrer si nécessaire (imprimantes par exemple).

‑ Gestion des fichiers : SOS offre une structure de fichiers hiérarchisés et alloue l'espace disque au fur et à mesure des besoins. L'avantage de ce dernier point pour l'utilisateur est par exemple d'utiliser le numéro de référence à 6 chiffres d'une pièce détachée comme numéro d'enregistrements même si le fichier réel ne compte que 1200 références.

Pourvu que la taille réelle du fichier ne dépasse pas celle du volume (140 KO ou 5 MO suivant le cas aujourd'hui) l'utilisateur adresse sans précaution particulière l'enregistrement 000 001 ou 999 999.

3. Les logiciels de base et outils

3.1 Le banc d'essai passe sous silence la communication des fichiers entre programmes permise par SOS.

Par exemple, une lettre type écrite sous Apple Writer peut automatiquement intégrer une portion de tableau VisiCalc, appeler des adresses depuis Mail List Manager ou des éléments d'information d'un fichier produits et expédier le tout en courrier électronique par Access 3.

3.2 Edition de programmes

Conséquence de l'intercommunication énoncée ci‑dessus le programmeur BASIC peut créer et éditer ses programmes sous divers éditeurs : l'éditeur PASCAL qui offre des fonctions si étendues que beaucoup l'utilisent comme traitement de texte.

Apple Writer permet également de créer des programmes de façon très confortable, passés ensuite à l'interpréteur par la commande EXEC.

L'écran d'un menu peut être préparé sous Apple Writer beaucoup plus facilement que par une suite de PRINT en BASIC dont on connaît les capacités relativement limitées dans ce domaine, et incorporé au programme.

La même chose est valable pour tout langage ou l'assembleur. L'Apple 3 et SOS séparent l'édition de l'interprétation ou la compilation ou l'assemblage permettant ainsi une meilleure performance de chacun des outils.

3.3 Analyse syntaxique

Plutôt qu'un débat byzantin ou talmudique, je renvoie les lecteurs à notre documentation qui explique les possibilités offertes par le traitement en runtime d'instructions illicites telles que GOTO MENU.

3.4 Les outils de développement sont passés sous silence ou traités de façon erronée (RENUMBER). C'est dommage car l'Apple 3 offre au développeur de logiciel un jeu d'outils nombreux, puissants et particulièrement intégrés.

3.5 Apple Writer

3.5.1 Disponible en français le 1er mai 1982 (clavier, messages à l'écran, impression).

3.5.2 Merci d'en avoir mentionné les possibilités uniques.

3.5.3 WPL (langage de traitement de textes)

‑ Macros enchaînant automatiquement toutes les fonctions de l'Apple Writer 3.

‑ Instructions spéciales : tests, arithmétique, chaînes de caractères, sous programmes.

Il s'agit d'un outil ad hoc créé par un auteur émérite. De nombreux exemples utiles tous les jours ainsi que pour l'étude de WPL sont fournis sur disquette.

Certes pas à la portée de la secrétaire mais à la portée de l'utilisateur pour faciliter le travail de sa secrétaire.

WPL et l'interconnections des fichiers donnent des possibilités uniques sur le marché.

3.5.4 AW 3 et le glossaire : outils pour le programmeur P pour < PRINT USING » et la secrétaire P pour « Prosterné au pied de Sa Sainteté et implorant sur ma tête Sa Bénédiction Pastorale je la prie de bien vouloir ».

4. Les logiciels déjà développés en France

Il est dommage même si cela n'est pas l'esprit de ce type d'essai, de ne pas avoir parlé des logiciels développés sur Apple 3 : en France comme à l'étranger, un grand nombre de sociétés de service proposent des programmes d'application profitant des caractéristiques du système : des programmes de gestion de fichiers, des ensembles de gestion français, gestion de pharmacie, etc...

Apple Seedrin Avenue de l'Océanie
Z.I. de Courtaboeuf BP 131
91444 Les Ulis


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